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Projet pilote de prévention combinée du VIH auprès des travailleuses de sexe de la ville de Ouagadougou

Rapport de mise en œuvre

 

Projet pilote de prévention combinée du VIH auprès des travailleuses de sexe de la ville de Ouagadougou

Rapport de mise en œuvre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Juin 2018


 

Au Burkina Faso, le taux de prévalence du VIH est estimé à 0,8% (ONUSIDA, 2016). Et on estime à 95 000, le nombre de personnes vivant avec le VIH dans le pays. Cette prévalence est estimée à 5,7% chez les travailleuses de sexe (Enquête bio comportementale de 2017).

Sur le plan sanitaire, les travailleuses de sexe éprouvent des difficultés d’accès aux services de santé sexuelle du fait de l’inadaptation des centres de santé à leurs besoins. Même si ce groupe cible est très peu organisé, on remarque qu’avec le soutien des partenaires techniques et financiers (Fonds mondial, PNUD, UNFPA, FHI360, etc.), certaines organisations de la société civile mènent des activités d’IEC/CCC, de dépistage et de prise en charge du VIH à leur profit.

Malgré les efforts fournis et les résultats probants, près de 15 000 personnes vivant avec le VIH ignore encore leur statut VIH.

Dans le souci de mettre fin à l’épidémie du Sida à l’horizon 2030, le Burkina Faso s’est inscrit dans les objectifs 90-90-90 de l’ONUSIDA. La première cible de cet objectif est d’amener 90% des personnes vivant avec le VIH à connaître leur statut sérologique d’ici 2020. Le projet pilote de prévention combinée chez les travailleuses de sexe de la ville de Ouagadougou a été initié et entre en droite ligne de la vision de l’élimination du VIH au Burkina d’ici 2030 par l’amélioration de l’offre de dépistage et de prise en charge des travailleuses de sexe infectées à travers une approche innovante auprès de ce groupe.

 

Les objectifs visés

 

  1. Former 40 leaders travailleuses de sexe en techniques d’animation et de mobilisation;
  2. Améliorer les connaissances de 6 000 travailleuses de sexe sur la prévention du VIH/SIDA en vue de leur permettre d’adopter des comportements à moindre risques ;
  3. Distribuer000 condoms (masculins et féminins) et 20 000 gels lubrifiants à base d’eau aux travailleuses de sexe lors des séances d’IEC/CCC ;
  4. Amener 2400 travailleuses de sexe à connaitre leur statut sé;
  5. Assurer l’accès aux structures de prise en charge pour toutes les travailleuses de sexe dépistées séropositives.

 

 

Stratégie de mise en œuvre

La mise en œuvre du projet a combiné plusieurs approches pour toucher les travailleuses de sexe. Dans le souci d’atteindre toutes les catégories de travailleuses de sexe (affichées et clandestines), des leaders par sous-type de travailleuses de sexe (sur tabourets, serveuses, étudiantes, commerçantes, élèves, vendeuses ambulantes, fonctionnaires, étrangères) ont été identifiés et formés afin de privilégier une approche par les pairs pour améliorer la demande de services de dépistage par ces groupes. Ces leaders ont initié des sensibilisations et des distributions de bons de dépistage à leurs paires et contribué à la planification et la réalisation des séances de dépistage. Pour progresser dans la cible, une stratégie « boule de neige » a été utilisée pour capter les travailleuses de sexe clandestines. Il s’est agi pour les travailleuses de sexe qui demandent les services, de mobiliser de proche en proche (distribution de bons de dépistage) les autres à participer aux activités du projet.

En plus de l’implication des leaders des travailleuses de sexe, les gérants de sites, les réceptionnistes d’hôtels et les boys-friends ont été mis à contribution pour la mobilisation de la cible.

La mise sous traitement antirétroviral étant un élément essentiel de ce projet, les travailleuses de sexe dépistées positives ont été accompagnées par les associations pour la prise en charge médicale et leur mise sous traitement rapidement.

L’aire de la ville de Ouagadougou a été subdivisée en deux zones d’intervention placées chacune sous la responsabilité d’une association de mise en œuvre.

 

 

 

 

STRUCTURES

AAS

AFAFSI

QUARTIERS CONCERNES

Dapoya, Gounghin côté nord, Tampouy, Tanghin, Dassasgho, Kilwin, Bissighin, Paspanga, Ouidi, Larlé, Hamdalaye, Kossodo, Somgandé, Wayalghin, Bendogo, Kamboinsin

Kamsaonghin, Projet ZACA, Koulouba, Kalgondin, Toyibin, Zone 1, Pissy, Ouaga 2000, Pattes d’oies, Gounghin côté sud, Zaktouli, Nagrin, 1200 logements, Wemtenga, Zogona, Karpala

 

 

Résultats obtenus

 

Malgré une période de mise en œuvre raccourcie du fait d’une mobilisation tardive des ressources financières et une insuffisance de certains intrants comme les condoms et les gels, des résultats appréciables ont été obtenus.

 

 

 

V.1 Caractéristiques des travailleuses de sexe touchées par le dépistage

Les activités de dépistage et d’IEC/CCC ont été réalisées du 21 avril 2018 au 30 mai 2018. Au total, 10 709 personnes répondant à la définition de travailleuses de sexe ont été sensibilisées et 2011 ont été dépistées par les deux associations de mise en œuvre : 1193 (59,3%) tests ont été réalisés par AAS et 818 (40,7%) par AFAFSI.

Les nationalités et la fréquence des personnes dépistées sont les suivantes :

Nationalités

Fréquence

Pourcentage

Burkinabé

990

49,23%

Béninoise

9

0,45%

Camerounaise

3

0,15%

Ghanéenne

14

0,70%

Ivoirienne

69

3,43%

Malienne

2

0,10%

Nigériane

735

36,55%

Nigérienne

16

0,80%

Togolaise

173

8,60%

Total

2011

100,00%

 

Plus de 92% de ces personnes dépistées se déclarent célibataires et 6,0% sont des femmes mariées. 40, 2% sont mères d’au moins un enfant de moins de 15 ans.

Pour le niveau de scolarisation, 23,1% des personnes testées n’ont pas été scolarisées, 49% ont le niveau primaire, 26% ont le niveau secondaire et 1,9% ont le niveau supérieur.

Sur l’ensemble des personnes qui ont fait le test de dépistage, 55,4% étaient à leur premier test de dépistage du VIH. 33,7% ont déclaré avoir eu au moins un rapport sexuel non protégé avec un client au cours des 3 derniers mois précédent le dépistage et 45,5% ont déclaré au moins une rupture de condom au cours d’un rapport sexuel avec un client au cours de la même période. 71,8% ont eu au moins un de ces risques dans les trois mois précédent le dépistage.

Près de 66% était munis d’un bon de dépistage pour le test.

V.2. Résultats des activités de prévention

En plus du dépistage, les activités de prévention par la sensibilisation, la distribution de condoms et de bons de dépistage a donné les résultats suivants :

 

 

Structures

Nombre de travailleuses de sexe sensibilisées

Nombre de préservatifs distribués

Nombre de bons de dépistage distribués

AAS

6 291

188 730

1 855

AFAFSI

4 418

41 170

7 080

TOTAL

10 709

229 900

8 935

 

V.3 Résultats des tests de dépistage

Aux termes du projet, 30 personnes ont été testées positives, soit un taux de séropositivité de 1,5%. L’âge de ces séropositives varient de 16 à 40 ans avec une médiane de 25 ans.

Le taux de séropositivité est de 2,5% chez celles déclarant un risque au cours des 3 derniers mois, contre 1% chez les autres (différence statistiquement significative). Le taux de séropositivité ne diffère pas significativement entre celles ayant déjà fait le test de dépistage (1,3%) et celles qui font le dépistage pour la première fois (1,6%).

 

 

V.4. Prise en charge des cas positifs

Les cas positifs dépistés lors de l’exécution du projet ont été référés essentiellement au niveau de trois structures communautaires. Il s’agit du Centre Oasis de AAS, d’AFAFSI et du CICDoc. Le bilan biologique a été réalisé par le Centre Oasis de AAS. Seulement 12 cas ont été mis sous traitement ARV sur les 30 cas positifs enregistrés. Il s’agit de 12 personnes dépistées par l’association AAS qui dispose de centre de prise en charge médical et d’un laboratoire. Au cours du suivi, 4 personnes dépistées positives seraient réparties dans leur pays d’origine (Nigeria).

 

 

 

 

 

 

 

Leçons apprises et recommandations

 

VI.1. Leçons apprises

  1. Le recours à la distribution de bons de dépistage comme moyens de mobilisation de la cible pour le dépistage est efficace. En effet, deux personnes sur trois ayant fait le dépistage était muni de bon dépistage, et les travailleuses de sexe dépistées munies de bon étaient à leur premier test pour 67% d’entre;
  2. La stratégie mise en œuvre dans ce projet a permis de toucher proportionnellement plus de séropositives que dans les stratégies habituelles développées pendant les campagnes de dépistage (0,99% au cours de la dernière;
  3. Les comportements à risque dans le milieu des travailleuses de sexe persistent (71,8% ont eu un risque au cours des 3 derniers mois) et nécessitent le renforcement de la prévention par la sensibilisation et la distribution des moyens de protection (condoms et;
  4. L’efficacité de la stratégie « boule de» utilisée dans le cadre de ce projet dépend du temps de mise en œuvre. Plus le temps du projet est long, plus cette stratégie permet de capter de nouvelles personnes dans la cible travailleuses de sexe
  5. La mise sous traitement immédiat n’a pas fonctionné avec les structures de prise en charge dans le secteur public (non disponibilité des intrants et informations insuffisantes).

VI.2. Recommandations

  1. Mettre à échelle le projet de prévention combinée du VIH auprès des travailleuses de sexe dans les grandes villes du Burkina;
  2. Renforcer les capacités de prise en charge médicale au niveau;
    1. Renforcer les activités de préventions à l’endroit des travailleuses de sexe.

 

 

Remerciements

  1. Le Secrétariat Permanent du Conseil National de lutte contre le Sida et les;
  2. Le Bureau pays de l’ONUSIDA (Burkina;
  3. La Coopération du Grand-Duché du Luxembourg au Burkina;
  4. Le Programme Sectoriel Santé de Lutte contre le Sida et les IST.
 
 
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